En 2023, les ventes de voitures diesel neuves ont représenté moins de 10 % du marché français, contre plus de 70 % dix ans plus tôt. Plusieurs grandes villes européennes appliquent déjà des restrictions de circulation pour ces véhicules, tandis que la production de certains modèles a été arrêtée par les constructeurs.
Les normes d’émissions imposées par l’Union européenne évoluent rapidement, obligeant les fabricants à revoir leurs gammes. Cette transition s’accompagne d’un développement accéléré des motorisations alternatives, soutenu par des incitations fiscales et des interdictions progressives annoncées à différentes échéances.
Où en est réellement le marché du diesel aujourd’hui ?
Le diesel ne fait plus la loi sur le marché automobile français. Autrefois leader incontesté, il s’efface désormais derrière l’essence, l’hybride et l’électrique. En 2023, moins d’une voiture neuve sur dix fonctionne au diesel. Ce recul frappe d’autant plus que, quelques années auparavant, Peugeot, Citroën et Renault misaient presque tout sur cette motorisation pour leurs modèles phares.
Les constructeurs généralistes réduisent la présence du diesel dans leurs catalogues. La 208 et la Clio, par exemple, ne proposent plus du tout ce type de motorisation. Même les grands noms allemands comme BMW, Audi et Volkswagen revoient leur copie : le diesel n’est plus systématique, y compris pour les berlines familiales et SUV. Du côté des marques asiatiques, la rupture est franche : Toyota, Kia, Mazda, Fiat ou Land Rover privilégient désormais les motorisations essence, hybrides et électriques.
Sur le marché de l’occasion, les véhicules diesel restent présents en nombre. Toutefois, la demande fléchit, surtout dans les villes où les restrictions de circulation s’accumulent. De nombreux acheteurs anticipent déjà la fin du diesel et la multiplication des interdits locaux. Ce basculement s’accélère à l’échelle nationale, porté par la stratégie des constructeurs et le durcissement des normes. Résultat : l’automobile change de cap, et les automobilistes se détournent peu à peu des moteurs thermiques classiques.
Quelles réglementations accélèrent la disparition des voitures diesel ?
La législation donne un sérieux coup d’accélérateur à la sortie du diesel. Les zones à faibles émissions (ZFE) s’étendent dans les grandes villes françaises. Paris, Lyon ou Strasbourg, toutes avancent dans la même direction : bannir par étapes les véhicules considérés comme les plus polluants, avec à la clé un objectif clair d’air plus respirable.
Depuis 2023, ces ZFE imposent des règles de plus en plus strictes. Ce sont d’abord les diesels Crit’Air 4 et 5 qui sont visés. Le fameux macaron Crit’Air devient le passeport d’accès au centre-ville. Un diesel d’avant 2011, par exemple, n’a pratiquement plus droit de cité dans Paris et sa périphérie immédiate. D’autres métropoles suivent, déclenchant un effet boule de neige sur tout le territoire.
La pression ne vient pas que de la France. L’Union européenne a fixé la date de 2035 pour l’arrêt de la vente des véhicules thermiques neufs, essence comme diesel. En attendant, les normes d’émissions se resserrent, forçant les constructeurs à réduire leur offre diesel ou à retirer certains modèles du marché.
Les dispositifs d’aide à l’achat de véhicules plus propres se focalisent désormais sur l’électrique et l’hybride. Le diesel, quant à lui, disparaît progressivement des priorités des politiques publiques, sous le poids combiné des réglementations et de l’évolution des mentalités.
Vers quelles alternatives se tournent les automobilistes face au déclin du diesel ?
L’électrification du parc automobile s’impose comme la nouvelle norme. Les ventes de voitures électriques s’envolent, stimulées par des mesures incitatives et des dispositifs comme le superbonus ou le leasing social. Ce dernier a permis à de nombreux foyers de franchir le pas vers une voiture à zéro émission, sans sacrifier leur budget. Les constructeurs français, à l’image de Renault, Peugeot ou Citroën, enrichissent leurs gammes électriques et hybrides, tandis que les modèles thermiques classiques reculent.
Les hybrides, qu’ils soient simples ou rechargeables, rassurent ceux qui doutent encore de l’autonomie des électriques. Ce compromis séduit particulièrement les anciens adeptes du diesel, notamment pour les longs trajets. Toyota reste en pointe dans ce domaine, mais la concurrence européenne comble rapidement son retard, rendant l’offre de plus en plus large.
L’essence n’a pas dit son dernier mot. Pour certains conducteurs, elle demeure une alternative accessible, grâce à des moteurs plus sobres et moins pénalisés fiscalement que le diesel. Pourtant, la tendance de fond n’est pas à l’expansion, car la réglementation poursuit sa montée en puissance.
Quelques alternatives émergentes commencent à faire parler d’elles. On pense au bioéthanol E85, au biogaz ou encore aux carburants synthétiques. Ces solutions restent confidentielles, adoptées par une minorité d’utilisateurs avertis ou par des professionnels soucieux de réduire leur impact carbone. Face à cette mutation, les acheteurs français s’adaptent avec pragmatisme : le diesel s’efface, mais la voiture continue de se réinventer.
Faut-il encore envisager l’achat d’un véhicule diesel en 2024 ?
Le diesel n’a pas totalement disparu des radars. Certains profils, notamment les gros rouleurs ou les professionnels, regardent encore vers ces modèles. Même si les véhicules diesel neufs deviennent rares, l’occasion regorge d’offres, chez Peugeot, Citroën, Renault ou Volkswagen. La forte décote de ces voitures joue en faveur des acheteurs avertis : un diesel récent, bien entretenu, s’achète aujourd’hui à des prix nettement inférieurs à ses équivalents essence ou hybrides.
Avant de se décider, il faut toutefois prendre en compte plusieurs éléments. Le prix des carburants ne donne plus d’avantage net au diesel, qui a rejoint l’essence à la pompe. L’entretien, souvent plus technique et coûteux, doit aussi peser dans la réflexion. Les pièces détachées restent accessibles, mais la situation pourrait évoluer dans les prochaines années, selon la politique des constructeurs et la diminution du parc roulant.
Sur le plan de l’assurance auto, pas de révolution immédiate : la prime dépend d’abord du profil du conducteur et de la valeur du véhicule, pas uniquement du carburant choisi. Mais en ville, les restrictions se durcissent. Les ZFE limitent déjà l’accès aux diesels les plus anciens et pourraient bientôt s’attaquer aux modèles plus récents. Avant de signer, mieux vaut contrôler la vignette Crit’Air du véhicule et se renseigner précisément sur la réglementation locale.
Voici les points à passer au crible avant de miser sur un diesel :
- Prix d’achat bas en occasion, mais revente plus difficile.
- Usage idéal pour longs trajets réguliers, moins pertinent pour la ville.
- Anticipez les évolutions réglementaires et fiscales.
Le diesel décline, les alternatives s’affirment, et la route s’annonce différente pour chaque conducteur. À chacun d’écrire la suite de son histoire automobile, à l’heure où les moteurs changent de visage.


