Un chiffre brut : 20 %. C’est le taux de TVA qui vous attend en passant la Manche avec une voiture achetée en France. Payer deux fois la taxe ? C’est possible, et ce n’est que le début. Dès que les roues franchissent la frontière, les plaques françaises n’ont plus aucune valeur légale. Rouler sans immatriculation britannique, c’est s’exposer à une sanction immédiate. Les règles ont changé, et chaque étape compte.
Depuis la sortie du Royaume-Uni de l’UE, le parcours administratif s’est corsé. Désormais, il faut déclarer l’importation, passer le contrôle technique britannique et modifier les phares pour répondre aux normes locales. Quelques exemptions subsistent, réservées aux séjours courts, mais elles n’effacent ni la question fiscale ni l’obligation d’assurance. Pour ceux qui envisagent de s’installer ou de profiter durablement de leur véhicule français outre-Manche, il faudra composer avec ces nouvelles exigences.
Pourquoi acheter une voiture en France pour l’utiliser au Royaume-Uni ?
Le marché automobile français attire les connaisseurs qui cherchent à rouler différemment. Les raisons ne manquent pas : diversité des modèles, prix souvent plus bas qu’en Angleterre et décote rapide des voitures récentes. Acheter une voiture en France, c’est parfois l’assurance de trouver une perle rare, introuvable en version britannique. Certains passionnés veulent absolument une citadine compacte, un diesel sobre ou une familiale à faible kilométrage, autant de profils qui alimentent la demande.
Mais il y a aussi l’effet Brexit. Avant la rupture, les véhicules circulaient librement au sein de l’UE, sans frais de douane. Aujourd’hui, le contexte a changé, mais la motivation reste : rapport qualité-prix, patrimoine automobile français, et modèles spécifiques qui séduisent les collectionneurs comme les amateurs du quotidien. Certains modèles, jamais officiellement distribués au Royaume-Uni, deviennent de véritables objets de convoitise.
Reste l’aspect technique : les voitures françaises arborent parfois des équipements particuliers. GPS, réglages, phares, instrumentation, tout ne colle pas d’emblée aux exigences d’outre-Manche. Ce défi séduit pourtant de nombreux acheteurs, fiers d’afficher leur différence sur les routes britanniques. Entre réseaux spécialisés, groupes d’entraide et marché de l’occasion dynamique, les opportunités ne manquent pas pour acquérir une voiture française et la faire rouler au Royaume-Uni.
Quelles sont les étapes incontournables pour acquérir un véhicule en France et le faire circuler outre-Manche ?
L’achat et l’importation d’un véhicule français vers le Royaume-Uni demandent rigueur et anticipation. Première vigilance : récupérer tous les documents nécessaires auprès du vendeur. Il s’agit du certificat d’immatriculation, du certificat de cession, d’une pièce d’identité, et surtout du certificat de conformité européen. Ce document sera indispensable pour obtenir l’homologation britannique. Un contrôle technique français récent (moins de six mois) est aussi recommandé, même si la voiture devra repasser un contrôle selon les standards anglais.
Ensuite, il faut organiser le transport du véhicule. Certains choisissent de conduire eux-mêmes, d’autres font appel à des transporteurs spécialisés. Quelle que soit la solution, il faudra passer la douane, fournir tous les justificatifs exigés et, si nécessaire, s’acquitter de droits à l’importation. Le Brexit a complexifié ce passage, mieux vaut arriver bien préparé.
L’arrivée au Royaume-Uni marque le début des démarches locales : présentation du certificat de conformité, passage au test MOT (le contrôle technique britannique), éventuelles modifications techniques sur les phares ou le compteur. Il faudra aussi fournir une preuve d’assurance et régler les taxes locales. Sans ces démarches, impossible de circuler en règle.
Certains importateurs assistent les acheteurs dans ces étapes, offrant leur expertise pour éviter les pièges administratifs. Chaque document compte, chaque adaptation technique peut accélérer ou freiner l’immatriculation. En respectant scrupuleusement les normes européennes et les exigences britanniques, le passage de la frontière se fait sans mauvaise surprise.
Taxes, frais d’importation et coûts cachés : ce qu’il faut vraiment anticiper
Le transfert d’une voiture de France vers le Royaume-Uni réserve souvent quelques déconvenues financières. Dès la frontière, les douanes britanniques scrutent la facture d’achat, la carte grise et le dossier technique du véhicule. Si la voiture n’a pas encore été taxée au Royaume-Uni, la TVA locale s’applique, à hauteur de 20 % de la valeur du véhicule. Attention, seuls certains véhicules d’occasion échappent à cette règle, selon des critères stricts fixés par l’administration.
Si la voiture a été fabriquée hors Union européenne, attendez-vous à payer 10 % de droits de douane supplémentaires. Un modèle venu d’Asie ou d’Amérique, par exemple, coûtera donc plus cher à l’importation. À cela s’ajoute le malus écologique français à l’achat, et la taxe CO₂ britannique au moment de l’immatriculation. Cette dernière dépend des émissions du véhicule, et peut peser lourd sur le budget final.
Voici les principaux frais à prévoir pour éviter les mauvaises surprises :
- Frais de dossier lors de l’enregistrement auprès de la DVLA
- Adaptations techniques : modification des phares, passage du compteur en miles
- Péages environnementaux dans certaines villes : redevances journalières si le véhicule ne respecte pas les normes des Low Emission Zones
Au final, le coût total dépend de l’addition des taxes, des droits de douane, du malus et des spécificités locales. Les acheteurs expérimentés prennent le temps de budgétiser chaque poste pour éviter que la facture ne devienne rédhibitoire au moment de l’immatriculation et de la mise en circulation.
Formalités administratives et astuces pour une immatriculation sans accroc au Royaume-Uni
Traverser la Manche ne suffit pas. Pour rouler légalement au Royaume-Uni, la carte grise française ne suffit plus. Il faut réunir un dossier complet : certificat d’immatriculation d’origine, facture d’achat, certificat de conformité européen (COC) et contrôle technique en cours de validité. La DVLA, administration britannique de référence, exige souvent que ces documents soient traduits, parfois de façon certifiée, pour enclencher la procédure d’immatriculation locale.
Le formulaire V55/5, disponible sur le site de la DVLA, est le passage obligé. À remplir avec soin, notamment le volet fiscal : le montant de la taxe d’immatriculation dépend des émissions de CO₂ du véhicule. N’oubliez pas les frais administratifs, qui s’ajoutent à l’addition. L’attente pour le certificat anglais varie, mais un numéro provisoire peut permettre de prendre la route avant la réception définitive de la carte grise britannique.
Trois points spécifiques méritent une attention particulière :
- Assurance : il faut impérativement souscrire une police britannique avant toute circulation.
- Phares et compteur : adaptez-les à la conduite à gauche et à l’affichage en miles.
- Plaques anglaises : à fixer dès que le certificat d’immatriculation britannique est attribué.
Le contrôle technique français peut faciliter les démarches, mais la DVLA se réserve le droit d’exiger un test MOT à l’arrivée. Mieux vaut vérifier la conformité et l’état du véhicule avant l’inspection pour éviter tout contretemps. Un import bien préparé, c’est la clé pour sillonner les routes britanniques sans tracas administratif.
De la paperasse au passage au garage, chaque détail compte. Qui a déjà vu une voiture française croiser la route d’un taxi londonien sait à quel point la diversité automobile raconte aussi une histoire de frontières et de passion. La suite ? À chacun d’inventer son propre trajet, entre deux rives et deux législations.


